Ce roman est né à la croisée de plusieurs urgences intimes et sociales, comme si l’écriture avait été moins un choix qu’une nécessité intérieure.
Il s’ancre d’abord dans la volonté de donner une voix à celles et ceux dont la parole a été confisquée : les femmes victimes de violences, les enfants exposés à l’indicible, tous ces visages souvent relégués dans les marges du récit collectif. Le texte devient alors un lieu de réparation symbolique, non pas pour effacer la douleur, mais pour la reconnaître, la nommer, et la rendre enfin audible.
Il porte aussi une dimension de transmission. Derrière la fiction inspirée du réel, il y a l’idée que certaines blessures ne restent jamais strictement individuelles : elles traversent les vies, les institutions, les générations. Le roman interroge ainsi ce que nos sociétés voient, ce qu’elles tolèrent, et ce qu’elles préfèrent ne pas regarder.
Enfin, il s’inscrit dans une quête plus intérieure : celle du sens après le chaos. À travers la violence, la perte et les silences, se dessine une réflexion sur la résilience, non comme un slogan, mais comme un chemin fragile, souvent ambigu, où survivre ne signifie pas seulement continuer, mais essayer de se reconstruire sans trahir ce que l’on a traversé.
En somme, j’ai écrit ce livre avec une triple exigence : témoigner, éveiller, et relier. Relier les douleurs individuelles à une conscience collective, et peut-être, dans le même mouvement, ouvrir un espace où la dignité reprend sa place au cœur même des fêlures.
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